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 Lou » I wish i'd gone with you.

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Sujet - Lou » I wish i'd gone with you.   
Sam 24 Fév - 16:27
Lou Perseval Walters
I left the footprints, the mud stained on the carpet and it hardened like my heart did when you left
Nom : Walters, un poids lourd sur son coeur qu'il supporte malgré tout, la famille, après tout, c'est une notion importante pour lui, un peu trop sans doute.  ; Prénom(s) : Lou, sans raison particulière, il n'y a aucune histoire derrière, hormis celle de sa mère qui a jugé que ce nom lui allait comme un gant. Perseval, c'était le nom de son arrière grand-père, et la tradition familiale a fait qu'il en a hérité. ; Âge : Vingt-neuf ans, le cap difficile à supporter arrive, le poids de ses erreurs qui se répercute sur ses épaules. ; Date et lieu de naissance : 30 juin 1988, ici-même, à Castle Hollow, il n'aurait jamais pensé que presque trente ans après, il y serait encore, et pourtant... ; Nationalité et origines : On ne fait pas plus anglais que lui. ; Métier/études : Ébéniste, il aurait pu devenir médecin ou instituteur, mais il a finalement choisi la voie manuelle, certes moins attrayante, mais plus en accord avec lui-même. ; Statut marital : En couple depuis deux ans avec une femme formidable, mais avec qui il a du mal à s'engager réellement. Ils sont au bord de la rupture, à vrai dire. ; Orientation sexuelle : Très ouvert, il estime qu'on peut tomber amoureux de n'importe qui, que ça n'a rien à voir avec le sexe d'une personne. Ceci étant, il n'a encore été attiré que par les femmes. ; Lien avec l'histoire de Castle Hollow : La mort de Joaquim ne lui a pas fait grand-chose, à vrai dire. Il a été peiné d'entendre qu'un habitant de la ville était mort, mais ça ne l'a pas assez marqué pour prendre part à cette petite gue-guerre qu'il trouve ridicule. ;  Groupe : You don't know ; Crédits images : Shiya (av) Divers (icon) ;
01. Il est le plus âgé d'une fratrie de quatre enfants, et il a dû en assumer les conséquences à la mort de son père, il y a des années. Il a été le père de substitution pour ses frères et soeur, et la bouée de sauvetage pour sa mère. 02. Il s'était toujours vu médecin, il avait prévu de faire de grandes études, loin d'ici, de cette petite ville, mais le destin en a décidé autrement. Faute de moyens, et d'abord par nécessité, il s'est initié à l'ébénisterie grâce à son oncle, et peu à peu, c'est devenu une véritable passion pour lui. 03. Il était très proche de son père, avant sa mort, il était celui qui le soutenait le plus dans tout ce qu'il faisait, celui qui le poussait toujours plus haut. Sa mort a été un véritable choc pour lui, et aujourd'hui encore, dix ans après, il se rend encore sur sa tombe au moins une fois par mois. 04. Il aime sa petite-amie, elle est celle qui l'a sauvé, dans un sens. Sans elle, il n'aurait jamais réussi à se reconstruire. Et pourtant, ce n'est pas le même amour que celui qu'il portait à Colleen. Ca a quelque chose de plus raisonné, de moins naturel. Il n'arrive pas à imaginer un avenir avec elle, il n'arrive même pas
la présenter à sa famille. 05. C'est un amoureux de la nature, et c'est en partie pour ça que Castle Hollow lui convient à peu près, aujourd'hui. Il aime partir camper, il aime pêcher, se promener dans les bois, au bord du lac, il aime l'odeur de l'atmosphère après la pluie, et la vue du ciel étoilé. Toutes ces choses que d'autres ne prennent plus le temps d'observer. 06. Sa famille, c'est la chose la plus importante à ses yeux, il est prêt à se sacrifier pour eux, et il l'a déjà fait. Il a un lien particulier avec ses frères et sa petite soeur est sa petite protégée, la plus jeune. Il est capable de beaucoup pour eux. 07. Il est d'un naturel très calme, il ne se met pratiquement jamais en colère, à moins d'avoir une réelle raison. On lui dit souvent qu'il est trop gentil, qu'il se laisse marcher sur les pieds, mais ce n'est pas comme ça qu'il le voit, pour lui, c'est plutôt qu'il ne sert à rien de trop lutter ou de s'énerver pour des choses qui n'en valent pas la peine. 08. Il a porté des lunettes toute son enfance et sa pré-adolescence, jusqu'à ce qu'il découvre le secret des lentilles, au lycée, ce qui a considérablement changé sa relation aux autres et sa confiance en lui. Aujourd'hui, il utilise surtout ses lunettes pour lire, ou face à l'écran d'ordinateur. 09. Parlant d'ordinateur, il n'est pas un grand fan de technologie, il préfère faire les choses à l'ancienne, envoyer des lettres plutôt que des mails, téléphoner plutôt qu'envoyer des sms... Ca fait toujours rire, surtout sa petite soeur, mais il ne changera jamais ça, il est de ceux qui aiment les vieilleries. 10. La musique. Il joue du piano depuis sa plus tendre enfance, et a toujours adoré ça. Il aurait pu en faire son métier s'il avait voulu, mais il a choisi une autre voie. Toujours est-il qu'il joue merveilleusement bien, et est souvent celui qu'on appelle pour une jolie ambiance, en bénévolat.

Pseudo/Prénom : .plùm ; Âge : 22 yo ; Inventé, pré-lien ou scénario ? Inventé Wink ; Comment connais-tu le forum ? bah siffle ; Qu'en penses-tu ?  star ; Un dernier mot :  naan  ; Pour le bottin :
Code:
<pr>Sam Claflin</pr> » <a href="http://castle-hollow.forumactif.com/u1"><psebt>Lou P. Walters</psebt></a>

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Sujet - Re: Lou » I wish i'd gone with you.   
Sam 24 Fév - 16:28
You and I, we're like fireworks and symphonies exploding in the sky
Without you, I'm just a sad song.
La leçon de piano
Le spectacle commençait dans quelques secondes, sa professeure lui faisait le décompte avec ses doigts, mimant les chiffres avec sa bouche. Son cœur battait la chamade alors qu’il fixait son regard sur le clavier face à lui. Par quoi commençait-il déjà ? Il jeta un œil sur sa partition. Ah oui, do. L’obscurité lui permettait à peine de discerner les notes de musique qu’il connaissait pourtant par cœur, mais auxquelles il se raccrochait tout de même. C’était son premier véritable récital, la première fois dans la cour des grands, il avait passé tout son temps libre à répéter, sur le petit synthétiseur de son père, bien loin du beau piano qu’il avait aujourd’hui devant lui, mais ça lui avait bien servi. Et puis, heureusement, il avait eu l’aide de sa professeure. A douze ans, il en était à six années de pratique, six années pendant lesquelles on ne lui demanda qu’une fois de jouer devant une foule de gens, une seule fois, et juste avant de monter sur scène son trac avait été si immense qu’il s’était évanoui. Il avait grandi depuis, mais son angoisse n’avait pas changé. Une seconde, et les rideaux rouges s’ouvrirent, le dévoilant aux spectateurs, l’exposant au projecteur d’une chaleur déjà étouffante. Il lança un regard à la salle et y vit tous les yeux tournés vers lui, impatients. Et parmi eux, celle qu’il cherchait. Elle était en plein milieu, debout sur sa chaise, à lui faire de grands gestes d’encouragement comme si elle savait exactement ce qu’il ressentait. Son cœur s’apaisa alors à la vue de cette petite brunette, un peu plus jeune qu’elle, mais déjà terriblement importante. Il esquissa un petit sourire, remis ses lunettes correctement sur son nez, et se reconcentra sur son piano. Il laissa planer le suspense et, après quelques instants, il tapa les premières notes, et le reste fila tout seul. L’angoisse avait disparu, il n’y avait plus de doute, plus que la musique qu’il jouait, la mélodie qu’il connaissait par cœur, si bien qu’il n’avait même plus à porter son regard sur la partition.
Deux mélodies plus tard, il se leva pour saluer cérémonieusement la foule, et parmi eux, Colleen était celle qui applaudissait le plus fort, celle qui criait son nom avec une insouciante déconcertante, qui gêna quelques parents, mais qui rendit fiers ceux de Lou. Il quitta la scène avec assez de confiance pour ne pas repenser aux quelques notes qu’il avait ratées, du moins, pas pour le moment.

******

Ils étaient tous les deux assis sur le banc du piano, il en jouait calmement, et elle le regardait faire. C’était la première fois qu’on l’autorisait à jouer sur ce piano, celui de la famille Dewitt, et il en profitait, ses parents n’avaient pas assez d’argent pour lui en acheter un vrai, ou du moins, c’était loin d’être la priorité, avec trois autres enfants à charge, dont un en bas-âge. Il aimait cet endroit, ce calme tranquille qui régnait ici, et la présence de son amie de toujours, Colleen. Ils avaient beau venir d’un monde différent, leur univers, à eux, était le même. Il s’amusait à jouer le Clair de Lune, de Debussy, sans doute l’une de ses préférées, lorsqu’elle l’interrompit. « Tu peux m’apprendre à la jouer ? » Il la regarda une seconde, esquissa un petit sourire, et acquiesça à sa demande. Il lui prit la main et lui indiqua où la placer. « Tiens, place ta main là, un doigt ici, et un autre là. Je vais jouer l’autre main. » Elle tapa les notes et se mit à rire, ce qui, lui, le fit sourire, puis il continua de lui expliquer les notes suivantes, puis le rythme, jusqu’à ce que, à la fin de l’après-midi, ils soient capables de jouer, ensemble, le début de la mélodie. Et ce fut leur « jeu » pour un temps, de jouer le Clair de Lune à deux, plus ou moins parfaitement, mais en s’amusant.

You're on my mind
La baignade était interdite au lac Alice, mais eux, ça ne les arrêtait pas. Ils étaient toute une bande, sept ou huit amis, tous ensemble, tous du même âge, qui hurlait en sautant en bombe dans l’eau, loin d’être effrayés par la possibilité qu’un policier vienne les arrêter, ou qu’un habitant de la ville vienne les réprimander. Ils étaient jeunes, ils avaient la vie devant eux, et ils étaient heureux, tout simplement. Il était assis, les pieds dans l’eau, avec son meilleur ami, à rire des réactions des uns et des autres. « Eh, Lou, tu penses quoi de Ginny ? J’ai entendu dire qu’elle t’aimait bien ! » Un petit clin d’œil, un coup d’épaule complice, il voyait le coup venir à des kilomètres. Ca faisait des mois qu’il essayait de les mettre ensemble, tous les deux, mais il n’y avait rien à faire. Lou haussa les épaules en souriant timidement. « Je sais pas, elle est gentille. » « Gentille ?! Tu t’fous d’moi, elle est super canon Ginny ! » Des rires retentirent dans le petit groupe qui s’était formé au bord du lac, et quelques-uns semblèrent approuver l’affirmation. « Oui oui, elle est jolie mais… C’est pas mon genre. Je sais pas, lâche-moi avec ça, okay ?! » Il bouscula son ami, pour rire, sans rancune, même si c’était le genre de situation qu’il détestait. « Ginny, c’est l’genre de tout le monde. A part des gays. T’es gay ?! R’marque, ça expliquerait pas mal de trucs, t’as pas mal de nanas à tes pieds, mais t’es jamais intéressé. » Un nouveau haussement d’épaules, lui-même ne comprenait pas vraiment pourquoi ce n’était jamais suffisant. « Je suis pas gay, aux dernières nouvelles… Et ça m’arrive d’être intéressé ! T’as oublié Katlin ? » Toute la bande s’accorda sur un rire moqueur qu’il fit de son mieux d’ignorer, les regardant tous un par un en feintant l’incompréhension. « Ouais, mais Katlin, si tu sortais pas avec elle, elle t’aurait sûrement tué, étouffé dans ton sommeil, ou un truc du genre. Un peu tarée. -il accompagna ses mots avec un doigt tourné vers son crâne- Jolie, ceci dit. » « Super jolie ! J’étais dégoûté… » « Fallait agir plus vite, mec, et qu’est-ce que tu veux, t’es pas Louuuu ! » Ils éclatèrent tous de rire, et Lou avec eux. Il avait un petit succès, certes, mais aucune fille ne l’intéressait réellement, il manquait toujours de quelque chose. « Cherchez pas les gars, y a que Colleen à ses yeux ! » « Colleen ? On a grandi ensemble, c’est ma meilleure amie, ça a rien à voir. » Son ami marqua une pause en le fixant d’un air louche, pas vraiment dupe. « Ta meilleure amie qui t’fait briller les yeux et qui te rend jaloux chaque fois qu’un type, n’importe lequel, s’approche un peu trop d’elle. Arrête un peu, Lou. » Il secoua la tête, refusant d’admettre ce que son ami supposait, et la conversation s’arrêta là.

******

Et voilà, il en était rendu à jeter des pierres dans l’eau, sans aucune expression, seul. Il ne savait pas vraiment pourquoi il était si énervé, après tout, elle avait le droit d’aller à ce bal avec qui elle voulait, et il pouvait demander à qui il voulait, lui aussi, il n’était pas seul. Mais le visage de cet imbécile ne lui revenait pas, et chaque fois qu’il le croisait, ou qu’elle parlait de lui, il retenait l’envie de le frapper au visage. Une nouvelle pierre tomba dans l’eau, et quelqu’un s’assit à côté de lui. Il lui lança à peine un regard, puis retourna à son activité. D’abord silencieuse, elle laissa passer quelques instants avec de prendre la parole. « Donc… Logan l’a invitée pour le bal… » Il haussa les épaules avant de ricaner. Sérieusement, qu’est-ce qu’elle cherchait ? Pour enfoncer le couteau dans la plaie, il n’y avait pas mieux. « Je sais. » « Et… Tu vas faire quelque chose à propos de ça ? » Il se tourna vers elle pour enfin la regarder, son amie de toujours, ou presque, celle avec qui Colleen et lui formaient le véritable trio infernal. « Faire quoi ? Elle fait ce qu’elle veut, ça me regarde pas. C’est pas comme si on était ensemble ou… quoi que ce soit. » Il jeta encore une pierre et son amie soupira. « Mais tu aimerais bien… » Il éclata de rire, rire jaune, presque amer, sans même s’en rendre compte. « Holland, on a grandi ensemble… J’sais pas ce que vous avez tous avec ça, mais vous hallucinez totalement. » Elle appuya son regard, bien peu convaincue par ses paroles. En réaction, il soupira et se releva brusquement, lassé d’entendre toujours le même discours ridicule. « Tu sais, si t’attends trop, ce sera trop tard ! » Il leva la main, lui tournant déjà le dos en repartant. C’était ridicule. Colleen était sa meilleure amie, comme une sœur. Il ne pouvait pas l’aimer comme ça, pas vrai ? C’était Colleen, et il était Lou, il n’y avait rien de plus que ça. Et cette question-là l’obséda une bonne partie de la nuit.

Made for loving you
Il ne l’avait pas revue depuis plus d’une semaine, une longue semaine d’été où elle et sa famille étaient partis, et où lui était resté là, à l’attendre. Et elle lui manquait affreusement. Cette semaine sans elle lui avait fait réaliser à quel point il avait besoin d’elle, et à quel point tout cela dépassait même l’amitié. Il n’en avait parlé à personne, et n’était même pas sûr de ce qu’il ferait de ce fait. Pour aujourd’hui, il avait décidé de l’ignorer, faire comme si de rien n’était, pour ne pas risquer de gâcher une belle amitié avec des sentiments qui, de son côté, ne seraient sans doute pas réciproques. Ainsi, il l’attendait sagement, assis sur un muret, à leur endroit de rencontre habituel, sachant qu’elle rentrait aujourd’hui. Il trépignait d’impatience, et son cœur battait la chamade, lorsqu’elle arriva enfin, dans une robe fleurie, apparemment neuve, qui lui allait si bien qu’il ne put s’empêcher de rougir. Elle était coiffée simplement, mais quelques mèches flottaient au gré de la brise d’été qui la traversait, apportant au passage son parfum jusqu’à lui. Elle lui avait manqué, tellement manqué, et même s’ils étaient habitués à cette semaine d’été l’un sans l’autre, cette année, c’était différent. En la voyant arriver comme ça, son joli sourire aux lèvres, il oublia presque ce qu’il s’était promis : ne rien changer. Il resta muet alors qu’elle s’avançait vers lui, et ne prononça pas un mot de plus lorsqu’elle s’arrêta. Son rire résonna alors dans ses oreilles et en cet instant, quelque chose changea, au fond de lui. « Tu en fais une tête ! Qu’est-ce qu’il y a ? » Il ne s’était pas préparé à ça, au sentiment qui l’envahirait en la revoyant, après avoir tout compris. Il se tut quelques secondes de plus, et au moment où elle s’apprêtait à lui demander une nouvelle fois ce qu’il se passait, il s’approcha d’elle et l’embrassa le plus simplement du monde, posant délicatement une main sur sa joue, l’autre dans le creux de sa taille. Elle ne riposta pas, d’abord surprise, elle plaça ses bras autour de son cou et prolongea le baiser.

******

Ils étaient allongés dans l’herbe, main dans la main, à observer les nuages, comme ils le faisaient souvent. L’été touchait à sa fin, et tout changerait, à présent. Ils n’avaient même pas encore parlé de leur nouvelle relation aux autres, comme un petit secret qu’ils souhaitaient garder pour eux, le préserver, le protéger. Tout était si naturel entre eux, comme s’ils avaient toujours été faits pour être ensemble, et c’était ce qu’il se disait. Depuis le tout début, depuis le premier jour, le destin les avait conduits l’un vers l’autre, et aujourd’hui, ils pouvaient en profiter. Il entrelaçait ses doigts à ceux de Colleen et jouait avec, le plus simplement du monde, alors qu’ils commentaient les formes étranges qu’ils voyaient dans le ciel. Ils étaient bien comme ça, il aurait voulu faire durer ce moment éternellement. « Colleen… » Elle tourna la tête pour le regarder, et il ne put s’empêcher de sourire. « Tu te souviens, il y a quelques années, quand tu disais que tu voulais partir, et que je parte avec toi ? » L’air totalement serein, les yeux pétillants, elle hocha la tête en souvenir de ce jour-là, cinq ans auparavant, où ils s’étaient fait la promesse de partir ensemble. Il se redressa légèrement, appuyant son coude contre le sol pour une position plus confortable, sans la lâcher du regard. « Tu sais, c’était pas une promesse en l’air… On pourrait partir, toi et moi. N’importe où, où tu veux. Après le lycée, on pourrait partir étudier, loin d’ici. Toi tu étudierais l’art, et moi la médecine, comme on s’était dit. » Il y avait déjà réfléchi, il avait même commencé à regarder où ils pourraient aller, pour étudier ce qu’ils souhaitaient tous les deux, il avait pensé à tout. « Mais moi, je finirai le lycée un an après toi… Tu partirais un an avant ? » Cette idée-là ne l’enchantait pas, être séparés pendant une année entière, c’était hors de question. « Non, je travaillerai ici pendant cette année, en attendant que tu finisses le lycée. Comme ça, j’économiserai, et on partira ensemble. » Tout était réglé, leur plan était parfait. Dans deux ans, ils quitteraient Castle Hollow pour faire leur vie ailleurs, une ville assez grande pour accueillir leurs rêves, sans jamais se lâcher la main.

I and Love and You
Il n’était plus là. Tout avait basculé en un instant, le faisant passer de l’autre côté. Sa mère s’était effondrée au coup de téléphone, et leur vie toute entière avait changé. Son mari ne reviendrait plus à la maison. Il avait laissé quatre enfants, et le fantôme de sa femme. Tout d’un coup, l’avenir que Lou s’était si bien imaginé ne devint plus qu’un souvenir, un espoir désormais vain, quelque chose qu’il ne réaliserait jamais. La mort de son père marqua la famille, bien plus qu’ils ne l’auraient cru. Une crise cardiaque, une mort banale, que personne n’a pu éviter. Sa femme n’avait plus la force de se lever et lui, il était dans un tel état de choc qu’il en avait même oublié Colleen. Elle était partie la première, et lui avait promis de la rejoindre, mais tout ça lui paraissait lointain, à présent. Il n’avait donné aucune nouvelle, enseveli sous la paperasse post-mortem dont sa mère ne voulait pas s’occuper, il prit conscience qu’à partir de cet instant, tous ses rêves, toutes ses illusions, tout était parti en fumée. Il ne pouvait plus partir, à présent. Sa mère n’était plus elle-même, plus apte à s’occuper de ses enfants, encore trop jeunes pour se débrouiller seuls. Le seul qui pouvait s’en charger, maintenant, c’était lui, et il ne lui avait pas fallu bien longtemps pour le comprendre. Il était totalement détruit, totalement déboussolé. A dix-neuf ans, il se retrouvait avec tout un tas de responsabilités qu’il n’aurait jamais imaginé avoir. Et dans tout ça, il lui semblait fou de demander à Colleen de revenir, de s’enfermer avec lui dans une vie dont elle n’aurait pas voulu. S’il ne pouvait pas abandonner sa famille, ses frères, sa sœur, sa mère, il ne pouvait pas lui demander de sacrifier ses rêves pour lui. Il vit l’heure de son départ passer, puis l’heure de son arrivée à Londres. Il s’imagina quelle vie ils pourraient mener là-bas, si tout ceci n’était pas arrivé, puis il finit par prendre son téléphone, bien décidé à tirer un trait sur tous ses rêves. Lorsqu’elle décrocha et qu’il entendit sa voix, il crut perdre ses moyens. Son cœur se déchira et il eut bien du mal à retenir ses larmes. Il laissa un silence s’installer tandis qu’il reprenait du courage, sa main serrée contre un meuble au point d’en avoir mal. « Oui. Colleen, je dois te dire quelque chose » Il avait pris un ton dur, froid, qui ne lui ressemblait pas. Il était persuadé que c’était la meilleure chose à faire, se sacrifier pour qu’elle et sa famille puissent avoir la vie qu’ils méritaient. Peut-être qu’ils s’étaient trompés, finalement. Peut-être que le destin ne voulait pas d’eux ensemble. « Je ne viendrais pas. Je... J'ai trouvé quelqu'un d'autre, et j'ai d'autres projets, tu comprends ? Je suis désolé, mais tu dois faire ta vie sans moi. » Les larmes coulaient déjà, mais il ne laissait rien paraître. C’était un mensonge odieux, et il savait pertinemment qu’elle aurait le cœur brisé, mais il n’avait trouvé que cette excuse-là. Il ne lui avait pas avoué la mort de son père, et avait fait promettre à tous ses amis et à sa famille de ne rien lui dire, pour la laisser poursuivre son rêve à Londres. Lui briser le cœur, c’était comme lui rendre ce service. En attendant, lui, son cœur se décomposait. Il entendit le combiné glisser de l’autre côté, et il pouvait si bien imaginer la scène qu’il raccrocha immédiatement, trop lâche pour faire face. Il lui fallut un moment pour lâcher le téléphone et quitter la pièce. Lorsqu’il le fit, ce fut le moment d’assumer ses responsabilités. Rien ne le ferait changer d’avis. Elle le détesterait, mais au moins, elle poursuivrait son rêve, et lui n’aurait plus aucune tentation pour le distraire de ses responsabilités. L’enterrement avait été atroce, loin des clichés d’une pluie battante, il faisait beau, et chaud, c’était presque insupportable de voir le ciel rayonner alors que toute une famille se retrouvait en deuil.

******

Il déposa son bouquet de fleurs au pied de la stèle qui portait son nom, et s’assit dos à elle, plongeant la main dans l’herbe qui avait poussé au sol. « Salut, papa. » Cela faisait deux mois qu’il n’était plus là, et tous les jours, Lou venait lui rendre visite. Il était son confident invisible, celui à qui il disait tout, comme un besoin de le tenir au courant de tout ce qu’il manquait, de là-haut. Il avait toujours été proche de son père, bien plus que beaucoup d’autres, il avait cette chance-là, d’avoir un père avec qui tout partager. Malheureusement, ça n’avait pas duré suffisamment à son goût. « Maman n’est toujours pas sortie de la maison… Je n’sais plus quoi faire. Elle ne peut plus rien gérer, elle n’a même pas envie d’essayer. Je m’occupe de tout le monde, en attendant, mais j’ai peur que ce soit plus long que ce que j’imagine. Je crois qu’elle ne s’en remettra jamais… » Il baissa la tête, grignotant de ses doigts un petit brin d’herbe. Il était seul à gérer, à présent. Son oncle avait dû partir, une fuite, selon lui. « Je vais reprendre l’ébénisterie… Je ne serai jamais médecin, de toute façon. Et puis, le piano, ça ne rapporte pas assez pour vivre. Tonton m’a appris l’essentiel, et je pense que toute la ville serait contente de retrouver cette boutique. Je m’occupe de tout, t’en fais pas. » Il esquissa un sourire, plutôt triste, conscient d’abandonner tout ce qu’il aurait rêvé faire. « Je veille sur eux. Je resterai là tant qu’ils auront besoin de moi, je ne partirai pas avant, je te le promets. » Et en formulant cette promesse, il savait qu’il en aurait pour des années, peut-être même pour toute la vie, et il l’acceptait. « Je n’ai pas reparlé à Colleen depuis… enfin, tu sais. Elle doit étudier l’art, maintenant, comme on s’était dit. Elle va réaliser son rêve, devenir peintre, elle aura sa galerie, ses belles peintures. Peut-être même qu’elle marquera l’histoire, qui sait ! » Il lâcha un petit rire, mais une boule se forma dans sa gorge, et les larmes lui montèrent aux yeux. Il fronça les sourcils pour tâcher de les retenir. « J’espère qu’elle sera heureuse. C’est tout ce que j’espère. » Il soupira, et essuya les quelques gouttes qui s’étaient logées dans le coin de ses yeux. Il avait fait le bon choix. Le plus sage, en tout cas.

You could be happy
On pouvait presque entendre une mouche voler. La seule chose que l’on entendait, c’était le bruit des couverts sur les assiettes. C’était comme ça entre eux, silencieux, entre le parfaitement paisible et l’insupportable mal-être. Ou peut-être que c’était seulement ce que lui ressentait. Il l’aimait pourtant, c’était ce dont il se convainquait un peu tous les jours. Ca faisait deux ans qu’ils étaient ensemble alors, il devait forcément l’aimer, non ? Elle fut la première à briser le silence, comme d’habitude. « Comment ça se passe avec ton frère ? » Elle parlait de l’aîné, celui avec qui il avait toujours eu un problème, depuis la mort de leur père. Il était le plus âgé et à l’époque où Lou avait pris un rôle de père, il était déjà presque majeur, et n’avait guère supporté cette nouvelle autorité, si bien qu’il avait très vite voulu partir. « Je ne lui ai pas parlé depuis la dernière fois. Ca doit faire deux mois maintenant. » Il vivait pourtant à Castle Hollow, mais s’efforçait de ne plus donner de nouvelles. La dernière fois qu’ils s’étaient vus, ils s’étaient violemment disputés, et il lui avait reproché de ne pas être parti avec Colleen comme il l’avait prévu. De quoi couper court à la conversation. « Et… Tu penses qu’on pourrait organiser quelque chose ? Un repas peut-être, avec tes frères, et ta sœur ? Peut-être que ça apaiserait les tensions, non ? » Il ne put s’empêcher de rire, coupant son bout de viande avec plus de nervosité. « Ce serait plutôt le contraire, si tu veux mon avis. » Elle tiqua, et ce fut fini. « Ca fait deux ans, et je n’ai vu personne de ta famille. Oh si, juste une fois, entre deux portes, quand tu me disais de quitter ta maison avant qu’ils ne me voient. » Et voilà. La énième dispute, toujours le même sujet, toujours les mêmes arguments. Il soupira, lassé de hausser la voix à ce sujet. « C’est ça, soupire ! Je suis quoi, moi ?! Un passe-temps ? Quelqu’un avec qui combler ta solitude ?! » Il ne le dirait jamais, bien sûr, pas même à lui-même, mais c’était exactement ça. Elle était une excuse pour se dire qu’il avait refait sa vie, qu’il ne s’imaginait pas tous les jours ce que la vie aurait pu être à Londres. « J’en ai assez de voir que tu n’en as rien à faire ! On n’a jamais parlé d’avenir, et chaque fois que j’aborde le sujet, tu passes à autre chose ! Je n’vois pas ce qu’on fait ensemble, honnêtement ! » Il leva les yeux pour la regarder, paniquant tout d’un coup à ses mots. S’il y avait bien une chose qui lui faisait peur, c’était la solitude. Il lui attrapa la main avant qu’elle ne se lève pour la retenir. « Excuse-moi, reste s’il-te-plaît, je suis nul, je sais… Je n’sais pas comment faire, et je ne veux pas aller trop vite. Mais tu as peut-être raison, peut-être qu’on pourrait organiser un repas tous ensemble, peut-être qu’ils seraient tous contents de te rencontrer. Ne pars pas, je vais essayer de m’améliorer, c’est promis. » Et il le pensait vraiment. Il ne voulait pas lui faire du mal. Elle avait réussi à lui faire un peu fondre le cœur, même s’il ne parvenait pas encore à se projeter, grâce à elle, au moins, il n’était plus seul, il était aimé, et il voulait croire dur comme fer qu’il l’aimait en retour. Même s’il avait du mal à faire entrer qui que ce fut dans sa vie, il faisait de son mieux. Restait à savoir si elle aurait la patience d’attendre suffisamment.

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